1000 km ! – et un court séjour près de Pampelune.

Ohlalala, j’ai pris du retard sur les compte rendus ! Le temps passe, je ne sais plus trop quel jour on est, les jours se suivent et se ressemblent… presque. Reprenons où nous nous étions arrêtés. Après la nuit dans les vignes, je mets le cap sur Bordeaux. Ce qui était prévu, c’est de dormir à quelques kilomètres de la ville et d’y arriver le lendemain pour visiter. Finalement, j’avance bien, et j’envoie un message à Elsa ‘au cas où’, lui demandant si c’est possible de m’accueillir pour la nuit (le mercredi 5, donc). “Pas de problème, c’est bon pour moi à partir de 20h”. J’arrive à Bordeaux vers 18h30, me promène, trouve (enfin !!) un sac étanche dont la taille est parfaite pour mettre ma tente, et rejoins Elsa chez elle. On discute, on mange, on rediscute, on va se coucher – dans un vrai lit. Le lendemain, je prends un peu de temps pour régler (encore) ce qui devait l’être sur internet, je visite Bordeaux, je me repose un peu. C’est la première ‘vraie’ journée sans vélo, et mes jambes me remercient. Je voulais repartir dans la soirée mais il s’est mis à pleuvoir des cordes, donc je dors encore chez Elsa ce soir là. Dernière journée à Bordeaux. Je me promène encore un peu, et pars vers 19h de la ville… C’est tard ! Je me dépêche de pédaler hors de l’agglomération pour trouver un coin où planter ma tente avant qu’il ne fasse nuit. Le coucher de soleil est magnifique, j’avance vite, tout va bien… Jusqu’à ce qu’un sanglier arrive devant moi, à 10m. Je m’arrête net, pas rassurée du tout. Finalement, il a plus peur que moi, et fait demi-tour pour retourner dans le bois. Je décide de m’arrêter au prochain coin “campable”. Je prends une petite route, passe devant un immense château, repère quelques coins. Je croise un monsieur à vélo, et lui demande s’il connaît un endroit où je peux planter ma tente : “par là c’est marécageux, vous pouvez demander au couple du chalet, dites leur que vous venez de la part de Thierry”. Je fais demi-tour, et toque au chalet : “oui, oui, pas de problème, mets toi dans le jardin… Non sous les platanes c’est plein de moustiques, le jardin c’est bien”. Je m’installe, ils m’invitent à manger des frites, on discute de voyage et d’Espagne et de Turquie, puis je vais me coucher. Le lendemain, départ à 9h30, direction Mont de Marsan. Je bois un dernier thé avec eux, et décolle. La route est assez vallonnée, je sens que je m’approche des Pyrénées. Ça monte, ça descend toute la journée, petit pic à 65km/h dans une des descentes sans donner un seul coup de pédale, et j’arrive à Mont de Marsan vers 18h. Je m’achète de quoi manger pour le soir, et me trouve un champ où camper sur la route en direction de Pau, la destination suivante.

Cette nuit là, je dors un peu mal : je suis à côté d’un bois et la rencontre avec un autre sanglier ne m’amuse pas tant que ça. J’entends des bruits d’animaux inconnus, je me réveille souvent, je ne suis pas très rassurée. Je pars à 9h30 pour Pau : la route grimpe de plus en plus. J’arrive à Pau, il est 16h30 : je mange un bout, et je repère de gros nuages gris qui s’avancent. Je décide de sortir de la ville et de trouver un champ où planter ma tente : je suis une voie verte où personne ne dit bonjour (?), puis une longue route, toute droite, qui traverse les villages industriels près de Pau. Je prends la route qui mène à Saint Jean Pied de Port, où je souhaite être le lendemain. Ca grimpe, ca grimpe, je trouve difficilement un champ ouvert, plat, et pas trop près de la route. Finalement, je m’installe dans un pré, monte ma tente, repère plein, plein de limaces autour, mange, et assiste à un des plus beaux couchers de soleil – pour l’instant.

Le lendemain, cap sur Saint Jean Pied de Port, donc. Normalement, je dois y récupérer ma nouvelle carte SIM (avec un nouveau forfait avec PLEIN d’internet – ça va me changer des 250 mo) à la Poste, que ma mère m’a envoyée. La route n’est pas très longue, 75km, mais il faut que j’y sois avant que la Poste ferme, à 17h – selon internet. Cette fois-ci, la route grimpe VRAIMENT. Je passe les deux premiers cols de toute ma vie, croise plein de cyclistes qui disent plus ou moins bonjour, remplis mes bidons aux tout petits cimetières des tout petits villages. J’arrive à la Poste à 16h2²5, récupère ma lettre juste à temps (elle ferme à 16h30 et pas 17h !), et m’installe dans le camping municipal de la ville. Il y a beaucoup de pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, dans toute la ville. Des boutiques qui ont l’air très commerciales, des hôtels chers, bref, c’est très touristique. Je découvre le côté commercial du chemin, et ça ne me plaît pas trop. Au camping, je me douche (youhou !), mange, et discute avec deux cyclistes écossais. Je me couche à 22h, épuisée.

Le jour suivant – on est alors mardi -, j’ai prévu de passer la frontière espagnole. Je suis à la fois très contente et un pas trop rassurée, comme je ne parle pas un mot de la langue. Je décolle à 11h de la ville, après avoir déposé un colis avec tout ce dont je n’ai finalement pas besoin. Je quitte la ville en suivant la D15, très passante, puis rejoins la D948 (où je passe les 1000km depuis le début de ce voyage !!). Je prends mon temps, profite du paysage de carte postale (qui n’est beau que pour les yeux – les jambes n’apprécient pas trop, elles), puis rejoins une toute petite route qui grimpe, qui grimpe. Je passe deux heures à grimper, j’avance à 5km/h (vraiment), c’est très, très raide. J’ai l’impression que ça ne va jamais se terminer, ça continue de grimper. Arrivée presque en haut, de gros nuages gris arrivent et j’entends du tonnerre : je n’ai aucune envie d’être prise par l’orage, alors je me dépêche, et dévale la descente a toute vitesse. Je ne me rends même pas compte que j’ai passé la frontière, mais tant pis, je n’ai pas du tout envie d’être trempée. Je rempis mes bidons au premier petit village (espagnol, donc) que je rencontre, et je continue mon chemin vers Pampelune. Je suis une route très passante, et très cycliste, et décide de m’arrêter pour trouver un coin où dormir avant d’arriver à Pampelune qui n’est plus qu’à 15km. Je passe 30 minutes à chercher un endroit où dormir : il n’y a rien, tous les champs sont barricadés, ceux qui ne le sont pas sont trop pentus pour pouvoir y installer une tente. Je finis par demander à une dame, d’abord si elle parle anglais, puis si elle connaît un endroit où je peux planter ma tente. Il s’avère qu’elle est anglaise, et elle me propose de camper dans son jardin, où un autre monsieur a déjà planté sa tente. On discute, et on en vient à parler du bâtiment à l’entrée du jardin : ils m’apprennent que c’est une église, ou une abbaye, ils ne savent pas trop, qu’ils ont acheté il y a 6 ans et qu’ils retapent tous les jours depuis – il tombait en ruines depuis 60 ans. Ils ont des problèmes avec la commune qui veut le récupérer et qui a lancé un avis d’expulsion, alors ils souhaitent le faire classer pour le protéger. La bâtisse est vraiment belle, du XIIIè siècle, et ils ont découvert des fresques uniques à l’intérieur que les historiens n’avaient jamais vues dans une église auparavant. Je tombe pile au bon moment : ils sont en train de finir le dossier de candidature pour l’UNESCO, mais il leur manque des plans et relevés qu’ils sont incapables de faire par eux-mêmes. Je vais donc passer les deux prochains jours ici, sur Autocad (pour une fois que c’est utile !), à leur dessiner ce qui leur manque.

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