Pour faire court, Bike to the blocks est un tour à vélo. Un grand tour à vélo, d'un an, en solitaire, en Europe continentale.
Son but ? Découvrir l'Europe, ses régions, ses paysages, ses montagnes comme ses plaines, ses mers, ses musiques, ses cultures, sa nourriture, son soleil et sa pluie.

Et ses villes.

Pour faire long :

Mais pourquoi les villes alors que tu pourrais passer ton temps à la montagne ?

Alors, oui, les villes, c'est une concentration extrême de personnes qui n'ont rien à voir entre elles. C'est des vies séparées par des cloisons de 15 centimètres, des personnes qu'on côtoie mais qu'on ne connait pas, c'est des bâtiments de 3, 6, 30 étages, des histoires sur plusieurs siècles, des ravages, des maladies, des reconstructions, c'est aussi la liberté, l'aliénation, la violence, la solidarité.
Les villes, c'est aussi le royaume de la voiture, c'est où circulent argent, décisions politiques, personnes, idées, marchandises, c'est un capharnaüm à peine compréhensible tant il est complexe.

Mais cette densité et ce fourmillement sont aussi sources d'initiatives, de projets personnels ou collectifs, de tentatives d'amélioration, que ce soit en plantant des légumes, squattant un édifice abandonné pour loger celles et ceux qui en ont besoin, en se déplaçant en vélo, en fleurissant ses fenêtres, en donnant à manger aux chats du quartier, bref, des petites et grandes actions qui ont pour vocation de rendre la vie en ville un peu plus agréable.

Les villes m'intéressent et m'intriguent : pourquoi s'entasse-t-on sur quelques kilomètres carrés ? Pourquoi sont-elles tant vantées ? Ou, au contraire, décriées ? Comment évoluent elles dans le temps ? Comment sont elles organisées ? Je ne pense pas qu'un an à parcourir des villes répondra à toutes mes questions, mais m'apportera au moins quelques éléments de réponses. J'ai envie de découvrir une variété de villes, toutes différentes, reflétant des cultures propres, avec des histoires et des futurs distincts. J'ai envie de voir ce dont on nous a parlé pendant trois ans d'architecture, de découvrir, d'élargir mon horizon et mes connaissances.

Ces villes vont être vécues en tant que touriste, personne de passage, mais aussi (et surtout) sous l'angle du vélo. Je m'intéresserai ainsi particulièrement aux différentes cultures cyclistes - plus ou moins présentes -, aux pratiques du vélo variées, dans une sélection des villes traversées. Cela passera par la compréhension des différents dispositifs mis en place par ces villes européennes pour rendre la ville au vélo, par le simple fait de rouler dans ces villes, mais aussi par des rencontres avec les premiers concernés, différents acteurs et cyclistes de ces villes

Un an sur un vélo : tu ne vas pas avoir mal aux fesses/dos/jambes ?

Le vélo est un formidable outil de déplacement écologique, silencieux, pratique. Il me permet de couvrir des distances raisonnables en une journée, de promener toutes mes affaires, de me déplacer d'un point A à une point B tout en ayant un contact direct avec le paysage, les éléments, les personnes.

Contrairement à la marche à pieds, il me permet de parcourir des distances bien plus longues et de pouvoir me déplacer à la fois sur des petits chemins, des plus grandes routes, en campagne, en ville et tout ce qu'il y a entre les deux. Et à la différence du bus, du train, je peux m'arrêter quand je veux en toute indépendance. La voiture, elle, me conserve cette autonomie mais 1) pollue, 2) est tout sauf discrète, 3) ne me permet pas d'apprécier autant l'environnement dans lequel je me trouve : pour moi, le climat, la pluie, le froid, le sec, font tout autant partie du paysage que les arbres et le relief. Oui, à vélo on mouille, mais au fond est-ce si grave ?

Parcourir l'Europe à vélo est en quelque sorte un défi que je me lance à moi même : il va y avoir des cas difficiles, des moments de solitude, des montagnes infranchissables qu'il faudra quand même franchir, des chemins boueux et des plateaux secs et chauds. Des moments où la question 'pourquoi je suis là ?' tournera en boucle dans ma tête. Dans ces cas là, j'appuierai un peu plus fort sur les pédales parce que je pourrai me féliciter, une fois que tout cela sera fini, de l'avoir fait jusqu'au bout.

Les villes et le vélo : est-ce bien compatible ?

Le projet Bike to the Blocks ne veut pas être un voyage à vélo en Europe comme le serait un an de week-ends dans des villes européennes, c'est à dire en considérant la ville (et surtout le centre ville) comme une destination finale. Le moyen, le vélo, rentre pleinement en compte dans le projet : il permet de se déplacer à une petite vitesse, et d'autant mieux apprécier les paysages tout comme les changements qui s'opèrent entre campagne et ville, banlieue et centre ville, rue et logement. Au lieu d'être parachutée dans la ville directement, voyager à vélo demande un peu de préparation quant à l'arrivée et l'entrée dans les zones urbaines. Celles-ci sont le terrain de jeu de l'automobile et un cycliste n'a pas sa place sur les périphériques et grandes voies. Il faut donc trouver des astuces pour rentrer dans les villes sans danger : suivre une rivière ou un canal, une petite rue, ou au mieux une piste cyclable.

Bike to the blocks, c'est donc un an, soit 18 000 km, à vélo sur les routes d'Europe, pour découvrir le continent, à la fois ses campagnes et ses villes, du haut d'une selle.
Une vingtaine de ville-étapes, des capitales ou non (choisies de manière arbitraire), seront reliées à la force des cuisses. Le trajet sera documenté sous forme de vidéos, textes et photos sur les réseaux sociaux et sur le blog. Je passerai quelques jours dans chaque ville pour en découvrir la vie, le développement et l'histoire : le but n'est pas de tout connaître ou de tout voir de la ville (il faudrait des mois, voire des années), mais d'en avoir un aperçu, différent de celui des guides touristiques, sous l'angle de vue cycliste. L'itinéraire (prévu) est visible ici

Comment se prépare le projet ? Où le suivre ? Quand est prévu le départ ?

Depuis novembre 2017, je réfléchis au projet et tente de lui donner un sens suffisamment fort et important pour moi : je ne souhaite pas que cette année devienne un an de vacances de loisir. Les mois précédant le départ seront dédiés à la préparation du projet, à la fois matérielle, logistique et documentaire. Chaque ville-étape sera préparée et documentée, que ce soit au niveau des manières d'entrer dans la ville que de choses que je trouve importantes à voir et à savoir.

Vous pouvez suivre le projet sur Instagram et Facebook, et sur sur ce blog où seront publiés des billets concernant l'avancée des préparatifs ainsi que des articles sur des sujets parallèles.

Le départ est prévu début septembre 2018 de Nantes : je vous tiendrai au courant !

Si vous avez des questions, remarques, ou alors si vous habitez une de ces villes (ou, au contraire, que je n'ai pas prévu une ville que vous trouvez intéressante/importante) et que vous avez des choses à me dire dessus, des conseils, n'hésitez surtout pas à laisser un commentaire ou à m'envoyer un message via le formulaire de contact !

A très bientôt,

Gaëlle

12 Comments

  1. Azilis
    9 février 2018

    C’est juste GENIAL!! Tu expliques ci bien ta démarche en plus!!!

    Bravo bravo, j’ai hâte de suivre ton périple, si tu savais <3

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    1. Gaëlle
      9 février 2018

      Mille mercis Azilis !
      Et merci aussi pour ton enthousiasme, ça fait très plaisir 🙂
      J’ai super hâte aussi, d’une de commencer, de deux d’avoir un bocal de tarti’fruit dans mes sacoches pour bien commencer le voyage 😉

      Répondre
  2. Laure
    9 février 2018

    C’est génial ce que tu entreprends de faire !
    Je suivrai ton périple avec grand plaisir.

    Répondre
    1. Gaëlle
      9 février 2018

      Merci beaucoup Laure ! Je suis ravie que ça te plaise 🙂

      Répondre
  3. lathelize
    12 février 2018

    Génial!
    J’ai hâte de détailler ton itinéraire!
    On adore le vélo par ici aussi. Mais avec les enfants, cela nous paraissait compliqué ( d’autant plus qu’il faut qu’on fasse cours et que 6 mois de manuels et cahiers d’exercice, c’est lourd!)
    Mais tu nous donnes envie

    Répondre
    1. Gaëlle
      12 février 2018

      Merci Isabelle ! Je comprends très bien le problème du vélo avec deux enfants, c’est pas la solution idéale 🙂 Je ne sais pas si vous avez prévu de prendre quand même des vélos avec vous, sur les galeries ou la porte du coffre de votre voiture ?
      En tout cas votre voyage va être très chouette, j’ai hâte de vous suivre (et de vous croiser ! ça devrait pouvoir s’accorder 😉 )
      Je réponds très vite à ton mail !

      Répondre
  4. Audrey
    14 février 2018

    Wow quel périple, merci de partager la préparation et l’aventure sur ton blog, ça donne tellement tellement envie ! J’adore l’avant voyage et les départs, c’est vraiment excitant. Et je suis curieuse de voir que tu as choisi Hambourg comme destination, il y a une raison particulière ? J’y habite et c’est vrai que c’est une ville chouette et plutôt vélo-friendly. En vrac, des conseils et idées que je pourrais donner : il y a un bon réseau de français (Institut français, groupe Facebook), ça peut être une idée pour l’hébergement. Pour avoir une jolie vue de la ville, au sud de l’Elbe (Wilhelmsburg) il y a un bunker avec un café et une terrasse accessible librement en hauteur. Il y a d’ailleurs eu un concours d’architecture dans la ville et ce quartier a été beaucoup réaménagé apparemment. Se poser à la sortie sud de l’Elbtunnel est aussi sympa quand il fait soleil, au bord de l’eau. On peut faire de la slackline au Stadpark et le jardin botanique à Planten un Blumen est gratuit. Apparemment c’est aussi cool de se balader en vélo jusqu’à la plage (Elbstrand), ou d’y aller en bateau (transport en commun). Une petite vidéo pour se faire une petite idée (mais attention autant de soleil est -rare-) : https://www.youtube.com/watch?v=-mRyUqgu66A 🙂 J’espère que je redis pas trop ce que tu savais déjà. A bientôt !

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    1. Gaëlle
      14 février 2018

      Ohlala, merci beaucoup Audrey pour tous ces conseils !! Je ne connais pas du tout la ville donc tu m’apprends plein de choses, je note ça 🙂
      Alors, Hamburg c’est pour plein de petites raisons : j’ai plusieurs amis en archi qui y sont allés et qui m’ont dit que c’était une ‘ville parfaite’ (au niveau architecture 😉 ). Du coup ça m’intrigue beaucoup et j’ai très, très envie de voir ça par moi même. Ensuite, c’est pour voir le projet dont tu parles, HafenCity, et découvrir le renouvellement urbain d’une ville industrielle et portuaire (encore). Et puis, un autre projet qui m’intéresse beaucoup aussi, c’est Park Fiction ( http://park-fiction.net/ ) qui est dans la vidéo il me semble, qui a maintenant une vingtaine d’années et qui semble bien fonctionner mais je me questionne un peu sur la récupération politique du projet (c’est en cours de recherches 🙂 ).
      En tout cas merci encore ! J’espère avoir répondu à ta question !
      A bientôt !

      Répondre
  5. Agathe
    19 février 2018

    Génial! je te souhaite beaucoup de belles rencontres, il y aura des côtes, il y aura le vent (arrrgh!) et il y aura la pluie, mais il y aura au final surtout les descentes, les sourires et le soleil! 🙂
    Pour avoir fait cet été mon premier voyage à vélo, tu me donnes aussitôt envie de repartir 🙂
    My 2 cents: je suis partie de Bruxelles vers Rotterdam puis Amsterdam (avec les villes alentour, Den Haag, Harleem etc) puis le Nord (Groningen): passage par Hambourg, montée jusqu’à la pointe du Jutland danois, repartie vers Copenhagen (avec un passage en ferry –> réserver c’est moins coûteux!) et puis redescendre vers l’Allemagne (deuxième passage chez un super-hôte Warmshower de Hambourg), le sud des Pays-Bas, Bruxelles et puis Lille. Et donc je peux te le dire même si j’imagine que tu t’en doutes: les Pays-Bas et le Danemark (et dans une certaine mesure la Belgique flamande), c’est le top: pistes cyclables, voitures ne cherchant pas à te tuer, panneaux, impeccable! Aux alentours de Hambourg, il faudra bien choisir ton itinéraire pour éviter les pistes cyclables se trouvant le long d’une grande route (aucun intérêt) et qui sont en plus fort mal entretenues (racines). Mais bon, de toute manière le pays le plus dangereux à vélo a été la France. Warmshowers c’est top, mais il faut réellement s’y prendre à l’avance pour les grandes villes! et sinon les free shelters au Danemark (face à la mer pour certains), c’est super chouette aussi! (carte trouvable sur internet)
    ooooh rien que d’en parler me donne des démangeaisons et l’envie de planifier un prochain séjour! (tu peux me contacter si tu as des questions ou besoin de recommandations).
    Et juste pour te faire rêver: ma camarade de bicyclette est en voyage à vélo au long court, nombreux pays et presque 1,5 ans! 🙂
    doux rêves à toi et longue vie à ton aventure!

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    1. Gaëlle
      25 août 2018

      Coucou Agathe ! Merci pour ton message (et désolée de la réponse si tardive !). Tu me donnes vraiment, vraiment envie de partir 🙂
      Le Nord de l’Europe sera a la toute fin du voyage, je ne sais pas trop comment ça va se goupiller dans ce coin là (ce sera en fonction du temps qui me reste), mais dans tous les cas Copenhague, Hamburg seront de la partie 🙂
      Et puis si jamais tu as envie de m’accompagner sur un tronçon – plus ou moins long -, ce serait avec plaisir !

      Répondre
  6. Anneanas
    25 août 2018

    Je suis emballée par ton projet !
    Ça a l’air vraiment génial, j’ai très hâte de lire tes notes de blogs et de voir tes photos.
    Je suis cycliste du week-end, et j’en fais principalement dans et autour de Paris. Et ça me frustre pas mal, c’est un rêve de partir en voyage à vélo. Je n’ai pas encore rassemblé le courage de partir seule. Déjà c’est une grande aventure quand ma roue crève à 20km de chez moi et que je dois la changer.
    J’ai très hâte de lire la suite !

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    1. Gaëlle
      25 août 2018

      Merci beaucoup Anne !
      Ah, c’est pas toujours facile de se lancer, il faut trouver le matériel, le temps et la force. Mais j’ai l’impression qu’il suffit de le faire une fois, même sur un ou deux jours, pour se dire que “c’est possible” et que “je suis capable de le faire”. Les voyages à vélo, surtout en solitaire, peuvent effrayer, mais on apprend vraiment plein de choses 🙂

      Dans tous les cas, quelque soit la distance, la durée ou la difficulté, que ce soit sur une heure ou plusieurs jours, n’importe quelle aventure est enrichissante. C’est avec l’expérience qu’on apprend, et pour ce qui est de la réparation de vélos, il existe des ateliers (certains seulement réservés aux femmes) d’apprentissage des bases du bricolage sur les vélos – à Paris, surtout, ça doit se trouver.
      Dans tous les cas, si tu as quelques jours de disponibles et que tu veux te lancer, tu peux venir rouler avec moi sur un ou plusieurs jours sans problème, bien au contraire 🙂

      A bientôt, et bonnes balades à vélo 🙂

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